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Alternatives au glyphosate en horticulture


Synthèse


Actualité publiée le : 22/05/2019 Culture : Horti Pépinière Source : Astredhor, EcophytoPIC / Auteur : Collectif Références : 24/04/2019

Le réseau DEPHY a publié lors de son colloque national en 2018 la brochure Le glyphosate dans le réseau DEPHY FERME : filière Horticulture dans laquelle les différents usages, freins et alternatives au glyphosate dans le réseau sont présentés. Le glyphosate est utilisé dans les pépinières et établissements horticoles du réseau pour effectuer le désherbage des allées et abords, le désherbage en pépinières de pleine terre, et en traitements localisés dans les entreprises. En pépinières de pleine terre, le glyphosate est utilisé pour nettoyer le rang et/ou l’inter rang, afin de diminuer la concurrence des adventices avec les jeunes plants. Il peut aussi être utilisé pour nettoyer une parcelle entière, avant implantation de nouvelles cultures.

Les principales alternatives au glyphosate employées dans le réseau, et étudiées par l’institut technique de l’horticulture, sont :

  • L’enherbement de l’inter-rang
  • Le désherbage mécanique de l’inter-rang
  • Le paillage des productions de pleine terre
  • Le désherbage mécanique sur le rang
  • L’enherbement des abords
  • L’utilisation de produits défanant de biocontrôle
  • Le désherbage thermique

 

 

 

 

 

 

 

Gestion des adventices sur le rang et l’inter-rang en pépinières de pleine terre

En pépinière, l’enherbement de l’inter-rang est de plus en plus répandu pour limiter le recours aux herbicides et au travail du sol. L’implantation de plantes couvre-sol dans l’inter-rang est à réfléchir pour que celles-ci se développent sans concurrencer les plants cultivés, tout en empêchant le développement d’adventices. Les plantes couvre-sol inhibent le développement de ces adventices soit par effet de concurrence pour les ressources, soit par effets allélopathiques. Le choix des espèces de plantes couvre-sol se fait selon différents facteurs : la nature du sol, son humidité (sol drainé/non drainé…), les techniques d’entretien envisagées, et enfin selon les modalités d’implantation des plantes couvre-sol (en semis, en godet…).

Le projet PlacoHB, débuté en 2018,  s’intéresse à ces plantes couvre-sol, avec l’objectif de définir les plantes adaptées aux différents usages, de définir les modes de multiplication, d’implantation et de conduite de ces plantes, et d’évaluer leurs effets sur les cultures et la biodiversité.

Désherbage mécanique sur  l’inter-rang

Dans le cas où l’inter-rang ne peut être enherbé, du fait d’une concurrence trop dommageable pour la culture par exemple, la régulation des adventices peut être gérée par du désherbage mécanique. Les outils de désherbage mécanique sont principalement des outils à dents rotatives, et des bineuses et outils à dents fixes.
Les outils à dents rotatives de types rotavator ou fraise, travaillent le sol en l’émiettant. Le degré d’émiettement du sol est ajustable en fonction de la densité d’adventices présentes. De plus, le passage de ces outils permet d’incorporer et d'homogénéiser les matières organiques apportées en surface du sol.

Les outils à dents fixes et les bineuses permettent elles aussi le désherbage, et ont une action supplémentaire d’amélioration de la structure du sol : en grattant le sol plus ou moins profondément, ou par un travail du sol plus en profondeur. Les outils à dents de type pattes d’oie larges servent à éclater la structure du sol tandis que des dents longues et larges de type sous-soleuse permettent de casser la semelle de labour.

Désherbage mécanique sur le rang

Sur le rang, une des alternatives aux herbicides est le désherbage mécanique. Il est réalisé grâce à des outils de type bineuse interceps et bineuse à doigts.

La bineuse interceps travaille sur le rang, en évitant le plant cultivé grâce à un système de palpeurs qui provoque le retrait de l’outil au contact du tronc. Plusieurs systèmes de palpeurs existent avec différentes sensibilités et précision. Les systèmes les plus sensibles sont recommandés pour les jeunes plants assez souples. Mais le système est à éviter sur des sujets sensibles tels que les plants greffés ou ramifiés de la base, ou encore sur les conifères.

Les bineuses à doigts sont plus adaptées pour désherber sur le rang de jeunes plants ou de petites plantes. L’outil est composé de disques d’où partent des “doigts” qui viendront gratter ou remuer le sol aux pieds des plantations. L’outils peut s’équiper de doigts de différentes souplesses, pour s’adapter aux différents types de sol et de culture.

Il est à noter que le désherbage mécanique sur le rang ou sur l'inter-rang, n'est pleinement efficace que s'il est réalisé à un stade précoce de développement des adventices, voir même avant la germination, puisque le simple fait de déplacer la graine peut gêner sa germination.

Le désherbage mécanique sur le rang fait l'objet de deux CEPP :

 

 

 

 

Robotique

Ces travaux mécaniques sur le rang ou l’inter-rang peuvent aussi être réalisés en autonomie par des robots désherbeurs. Ils sont équipés d’une large gamme d’outils pour assurer différents types de désherbage. Le seul robot commercialisé en France, au début 2019, est capable d’évoluer en autonomie dans les parcelles, et économise ainsi de la main d’oeuvre dans l’entreprise tout en y diminuant la pénibilité au travail, et en réduisant l’exposition du personnel aux produits phytosanitaires puisque ce robot se substitue à l’usage des herbicides.

Paillage des productions de pleines terres

En recouvrant le sol sur le rang de plantation, le paillage inhibe le développement des adventices sur celui-ci. Il existe trois grandes catégories de paillages pour les productions de pleine terre, à choisir selon plusieurs facteurs (devenir du paillage dans le temps, type de sol, sensibilité de l’espèce plantée…).

  • Toiles de paillage : Le principal frein à l’utilisation de toiles de paillage a été levé avec l’apparition sur le marché de toiles de paillage répondant à des normes de biodégradation dans le sol. Ces toiles, de types plastique ou textile peuvent avoir des paramètres de dégradations différents, à choisir selon la durée de la culture, mais aussi de ses caractéristiques, et de la nature du sol. Il est à noter que le type de toile peut influencer l’infiltration de l’eau dans le sol, en limitant celle-ci.
  • Paillis minéraux : De types pouzzolane, billes d’argiles, granulats d’ardoise expansée, galets… Ces paillis minéraux conviennent surtout aux jardins et espaces vert, part leur aspect esthétique, et leur longue durée de vie. De plus, ils favorisent le réchauffement du sol.
  • Paillis organiques : Ces paillis, de types Bois Raméal Fragmenté (BRF), copeaux de miscanthus, paille de lin, paille de blé, etc… apportent un bonus certain pour le sol en améliorant sa structure et son activité biologique. Cependant plusieurs points de vigilance demeurent : l’épaisseur du paillis, devant être assez conséquente pour limiter la levée d’adventices, peut s’avérer contraignante pour la culture, en étouffant les jeunes plants, ou en entretenant une humidité excessive au niveau du collet. La fertilisation doit aussi être adaptée, car dans certains cas, la fertilisation par épandage sur le paillis n’a pas d’effet sur la culture, et il est nécessaire d’utiliser des engrais à libération progressive à l’implantation de la culture. De plus, des phénomènes de “faims d’azote” pouvant être provoqués par l’incorporation de ces paillis en fin de culture sont étudiés. En l’absence d’interculture longue, il est conseillé de retirer ces paillis avant l’implantation de la culture suivante pour éviter ce phénomène.

L’entretien des allées et abords

Concernant l’entretien des allées et abords des aires de cultures, plusieurs alternatives au glyphosate existent. L’enherbement des abords de culture permet de réguler la flore qui y pousse, mais ces espaces enherbés nécessitent une gestion dédiée (tonte, fauche…). Comme pour l’enherbement de l’inter-rang, le choix des espèces à implanter est à raisonner selon les paramètres de sol, d’entretien prévu, en prenant en compte le risque de contamination dans les cultures avoisinantes. Au-delà de la substitution des herbicides, l’enherbement des abords peut apporter d’autres services, comme fournir un abri et de la nourriture aux auxiliaires des cultures, précieux en horticulture.

Biocontrôle et désherbage thermique

L’utilisation d’herbicides de biocontrôle peut aussi être envisagée pour gérer les adventices dans les allées et abords. Les herbicides de biocontrôle sont principalement des produits défanant, à base d’acide pélargonique (= acide nonanoïque) ou d’acide acétique.

Le désherbage thermique est une autre alternative au glyphosate. Cependant, comme pour l’usage de produits herbicides de biocontrôle, cette solution est à privilégier sur des petites surfaces localisées. Cette technique est peu développée notamment à cause du risque d’incendie généré par son utilisation à proximité des aires de cultures.

 

Freins à lever et conditions de réussite

  • Désherbage mécanique : Les passages d’outils sont à répéter les années pluvieuses, entraînant un surcoût économique. De plus, le désherbage mécanique est difficilement mobilisable sur les espèces à système racinaire superficiel ou sur certaines plantes à écorce fragile, ou en cas de présence de plantes basses, ou en présence de plaies sur écorce. Dans le cas du rosier de pleine terre par exemple, le désherbage mécanique génère une casse importante des greffes, et des pertes économiques.

 

Surcoûts et/ou gains de la solution

  • Les produits herbicides de biocontrôle sont à ce jour plus onéreux que les herbicides conventionnels. La substitution de ces derniers par des produits de biocontrôle peut donc entraîner des surcoûts importants, proportionnels à la surface ciblée par le traitement. Cette substitution sera donc plus facilement envisageable dans les cas d’utilisations localisées des herbicides au sein des exploitations horticoles. De plus, l'utilisation de ces produits est bien souvent limitée à deux applications par saison tandis que leur durée d'action est de un mois au plus dans le cas de l'acide pelargonique.
  • Paillage : il y a un surcoût dû aux matériaux de paillage et au temps de mise en place.
  • Le désherbage mécanique peut entraîner une charge de mécanisation supplémentaire dans les exploitations.

 

Bibliographie :

Guide technique Méthodes alternatives en protection des plantes, Edition Astredhor juillet 2018, p.79 : Chapitre 3 Maîtrise des adventices, alternatives au désherbage chimique.

Article Désherbage en pépinière : à la recherche de méthodes alternatives Lien horticole n°999, Janvier 2017

Bulletin de veille technique Alternatives au désherbage chimique, Référence horticole, Astredhor mars 2016

Fiche technique Méthodes alternatives au désherbage Astredhor 2014